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La maison de Melgaço, de l’architecte Nuno Brandão Costa, est une informalité constructive

Et oui, c’est encore d’une architecture portugaise dont j’ai envie de vous parler ; celle d’un projet imaginé et réalisé par l’agence d’architecture Nuno Brandão Costa. Pourquoi ? Parce qu’il s’inscrit profondément entre souvenir et présence contemporaine et qu’il retient mon attention. Décidemment, les architectes portugais savent évoquer et suggérer les impressions.

Entre limite et liberté, une expression

À l'origine du projet
À l’origine du projet

Dans la région du Minho au Nord du Portugal, la maison s’inscrit naturellement dans le paysage, dans ses ruines et ses dénivelés Et ce sont même les murets de pierre, symbole tant respecté par les Portugais, qui tentent de donner une limite à l’extension de la maison. Alors que dans le projet “Vigario House” des architectes Bruno André et Francisco Salgado Ré Vigario House par AND-RÉ, la ruine est intégrée dans l’écriture contemporaine (voir notre article “Vigario House par AND-RÉ”), dans ce projet, c’est l’inverse qui se produit. Des éléments de la ruine débordent de l’ensemble, et les pierres semblent glisser jusqu’à rejoindre les murets des propriétés voisines. Et pour qu’il reste encore le souvenir d’une ancienne façon de vivre, que cette petite maison rurale exprime encore l’esprit du lieu, les nouvelles pièces sont créées à l’arrière de la maison. Au même niveau que celles situées en façade, elles sont enfouies en fond de sol et profitent  de l’escarpement. La maison garde ainsi son humilité naturelle que rien ne trouble.

Ce qu’en dit l’architecte

15036511_1816096255303612_996293514512462418_n115095649_1816096248636946_2041830211521269627_n1“La maison est une extension d’un tout petit bâtiment rural en pierre, autrefois habité par une famille de 11 membres, s’inscrivant dans le terrain accidenté d’une grande parcelle à Melgaço, au cœur du Minho, au nord du Portugal. Le paysage puissant et le caractère de la ruine encore existante a permis d’imaginer une extension de la maison comme s’il s’agissait d’une construction intemporelle, sans frontières définies, mais limitée par les matériaux locaux. L’extension à la maison, qui accueille le salon et trois chambres à coucher, est un organe souterrain découpé dans la terre, ouvert à la lumière naturelle grâce à l’ouverture d’une Cour à l’est et à son intégration à la façade ouest “originale” (un mur de granit en pierres provenant d’un autre bâtiment aujourd’hui démoli). La petite maison contient la salle à manger et la cuisine. Ces pièces sont reliées aux espaces du deuxième étage par un escalier intérieur courant sur la façade nord. Pour compléter la vie domestique, trois petits corps de bâtiments indépendant à la construction principale ont été construits : À l’est, la disposition organique des zones d’habitat,  les murs construits sur le terrain et leur fonction ordinaire, confèrent à l’ensemble une simple informalité constructive. À l’Ouest, la relation entre les façades et le bassin de la piscine crée un cadre organique qui échappe à la période de construction de chaque bâtiment et qui cheville la relation entre la maison et le paysage”.

Photographies d’André Cepeda pour l’agence Nuno Brandão Costa, et photos de l’agence retraitées par Hideaki Adamo (A.archi D.O)

En savoir plus sur l’architecte et son agence : http://www.nunobrandaocosta.com/brandao-costa/

 

L'auteur : Xavier Guillon

Rédacteur en chef et en os et profiteur d’espaces, il aime l’urbain et le crie haut et fort. En secret, il rêve de nature et prend régulièrement les chemins vicinaux.

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