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En limite entre deux paysages

Aimables clôtures

Dans le numéro 178 de ART & DECORATION de mai-juin 1974, Sébastien Nomina écrivait : « Si une mode d’origine américaine, issue de la tradition du Far West, mélange de nostalgie des grands espaces et de foi en la solidarité avec les voisins pour mieux conquérir cette nature immense, conduit à l’amenuisement  et même à la disparition des clôtures, en France l’amour de la propriété privée pousse à entourer maison et terrain de barrières protectrices (…) Les clôtures les plus nouvelles manifestent la préoccupation de tempérer la rigueur de l’enceinte par un aspect agréable, si ce n’est accueillant. Elles ne sont pas soignées exclusivement du côté du propriétaire, elles dénotent aussi le souci d’offrir un visage séduisant au passant. La recherche n’est pas qu’esthétique. La clôture essaie encore de symboliser une autre idée que la défense absolue (…) Des végétations la doublent, l’adoucissent, la font participer au paysage, déviant la rigidité des séparations inanimées, constructions minérales ou compositions en bois. » Il avait choisi pour titre de son article « Aimables clôtures » Nous en avons aimé le clin d’œil et l’idée. Il nous est apparu qu’il y avait encore bien à dire aujourd’hui. C’est le sujet de cette étude.

Une inscription dans la limite
Une inscription dans la limite

Une inscription dans la limite

Bien que la clôture peut être d’abord définie comme tout obstacle naturel ou fait de la main de l’homme, suivant tout ou partie du pourtour d’un terrain afin de matérialiser ses limites ou d’empêcher des personnes ou des animaux d’y entrer ou d’en sortir, elle est aussi un élément architectural structurant le jardin. Elle organise l’espace et participe au dessin du jardin en l’affirmant dans un plan vertical.

Se protéger, de quoi, de qui ?

Marque de la propriété
Marque de la propriété

La clôture n’est pas qu’une simple marque de la propriété. Elle est d’abord utile. Elle protège du vent, du soleil, du regard, des vues disgracieuses. Elle est aussi une protection contre les dangers avoisinants, de la route…

Du piquant défensif au plaisir partageur

Alors, la clôture dans son utilité, devient aussi l’affaire de chacun. Du piquant défensif au plaisir partageur, elle repousse ou invite. Il y a des clôtures qui font rêver. Pour être belles, certaines savent se faire oublier. Strictes ou désordonnées, elles peuvent être gourmandes, colorées… D’autres invitent les écureuils, les oiseaux et d’autres espèces animales. Certaines nous guident vers d’autres horizons, ont pour principale vocation l’épanouissement du jardin.

Un prolongement du jardin, en réponse au paysage environnant

En prolongement du jardin
En prolongement du jardin

La clôture participe au paysage, tant côté jardin que côté rue. Dans son environnement, il y a d’autres clôtures, celles des propriétés voisines. Alors, pourquoi ne pas aménager la clôture et ses abords en accord avec le paysage local ? Autour il y a peut-être des clôtures agricoles, des haies naturelles, des fossés, des murs ou murets de maçonnerie ou de pierre…

Elle est aussi le prolongement du jardin. Alors, pourquoi ne pas dépasser la clôture, en créant des massifs en bordure des trottoirs, des talus et en fleurissant les bandes de terre situées au pied de ces clôtures ?

La clôture devient invitation

Invitation
Invitation

Mais aussi, elle est un lien social avec le voisinage. La clôture suggère, propose, et s’invite dans l’espace commun.

Une interprétation

Il y a une ambiance, un rythme à donner pour que le paysage ait toujours une allure, une tonalité. Pour le meilleur d’elle-même, la clôture se fait discrète tout en marquant sa présence. Elle joue avec ce qui la borde.

Cette clôture : comment l’aborder, comment l’oublier, comment l’affirmer ?

Ce sont les questions que l’on se pose. De simples poteaux d’acacia, des barbelés, du grillage, des murets, des murs, des haies vives, des arbres fruitiers en palissade, un tressage en osier. Et pourquoi pas encore une clôture lumineuse ? Une palissade d’eau ? Une douce limite ? Une projection de ses rêves ? Ou une réplique au paysage environnant ? Un espace de partage entre voisins ? C’est l’affaire de chacun, sans appropriation.

Photos : Xavier Guillon, François Lison, Brice Berthault

L'auteur : Dominique Beauchesne

Pour Dominique Beauchesne, pour qu’un jardin reste “nature”, ce qui compte c’est qu’il émette des sons qui s’impriment avec plus ou moins de résonance active. De nos voyages ou de notre passé, nous rapportons des images, des couleurs, des odeurs, des sensations. C’est ce qu’il aime transcrire en prolongement.

Un commentaire

  1. That’s a skillful answer to a diflfcuit question

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