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Ouvrir son jardin ?

Question d’opinion

Message de convivialité
Message de convivialité

Faut-il ouvrir son jardin sur la rue ? Pour les allemands, c’est un grand « oui » ! Souvent, le petit espace devant la maison, le « vorgarten », sera chez eux dépourvu de clôtures et servira de passerelle entre l’espace public et la porte d’entrée. « Oui ! » vous répondront aussi les anglais. Outre-Manche, on trouve des petits murets et des massifs de fleurs qui ont vocation à laisser le passant profiter de la vue du jardin.  En France en revanche,  c’est un peu moins vrai. Même si dans certaines régions (Bretagne, Alpes…) on aura tendance à ouvrir les jardins, le modèle français s’oriente plutôt vers un jardin caché par des murs ou des haies qui coupent la vue. La maison et le jardin sont vus comme des havres de paix qui doivent être clairement séparés du monde extérieur. Est-ce mieux ou moins bien ? A chacun de se faire son opinion.

Une approche nature de Dominique Beauchesne / photos de Gaspar Païva et Xavier Guillon

Faire déborder son jardin

Mise au vert
Mise au vert

Ouvrir son jardin ne veut pas forcément dire « le rendre visible ». Même si l’intimité est préservée par des murs ou des haies, on peut faire partager certains éléments avec les passants. Installer des fleurs très parfumées le long de la rue, faire passer quelques branches de rosier au-dessus de son mur ou laisser accessibles quelques branches d’un arbre fruitier sont des idées parmi tant d’autres pour faire « déborder son jardin » vers l’extérieur… Une générosité profitable qui permet à tout le monde de profiter un peu du jardin sans avoir à y entrer.

Communiquer

En ouvrant son jardin aux yeux de tous, on envoie aussi une forme de message et on s’expose au regard critique des passants. On peut donner une impression de beau, de convivialité, mais aussi de prétention, de laisser-aller… Aussi il convient de réfléchir un peu sur ce que l’on souhaite donner à voir. Le choix des plantes et des matériaux permettra de s’intégrer dans le paysage local mais peut aussi être une façon d’apporter une touche de personnalité qui transformera le jardin en repère pour le voisinage.

Une peinture de Nati Poulain
Une peinture de Nati Poulain

Afficher sa façade

Et comment faire quand la maison donne directement sur la rue et qu’il n’y a pas d’espace pour ce fameux « jardin de devant » ? Une façade lisse se confond dans l’ensemble et finit par être négligée. Qu’à cela ne tienne ! Cette fameuse façade peut aussi s’ouvrir sur la rue plutôt que de se noyer dans la masse des maisons attenantes. Par une touche de couleur, des balcons fleuris comme en Alsace ou encore des plantes grimpantes, le mur donne quelque chose à partager et se défait de son aspect austère. Le pignon devient contemplation juste pour les gens qui passent.
Dans sa vision de la ville, l’artiste Nati Poulin émet l’idée d’une nécessaire féminité qu’elle met en orchestration par le rythme de ses traits et de sa coloration. Dans la force de sa composition, par touches, la vie devient une floraison en mouvement sur les façades et la rue qui restent en transparence.

 

De terres et végétaux
De terres et végétaux

Le vert, c’est vert

Oui, mais pas seulement ! Sur la façade de cette maison, les différents verts de la vigne-vierge, du cyprès et des autres végétaux jouent avec le ton ocre de l’enduit. La lumière fait le reste tout au long de la journée, du levant au couchant.

Jouer avec le paysage en point de vue

Pour d’autres, il suffit de profiter.En bordure du parc, la baie vitrée d’un particulier tourangeau participe à l’amplification de l’espace végétal. Par un effet miroir et un jeu de lumière, les arbres entrent dans la maison. La nature est invitée.

 

Amplification
Amplification
La maison dans son écrin
La maison dans son écrin

 Participer au paysage existant

… Ou encore s’intégrer.

La maison a pignon sur rue. La végétalisation du coteau et les plantations sur l’espace public au- devant du bâti, intègre la construction dans un écrin de nature. La vigne vierge courant partiellement sur le mur en tuffeau enrichit l’harmonie naturelle du minéral avec le végétal. Hormis le vert, une autre couleur : le rouge des briques de la cheminée et des menuiseries.

 

 

 

 

 

 

L'auteur : Dominique Beauchesne

Pour Dominique Beauchesne, pour qu’un jardin reste “nature”, ce qui compte c’est qu’il émette des sons qui s’impriment avec plus ou moins de résonance active. De nos voyages ou de notre passé, nous rapportons des images, des couleurs, des odeurs, des sensations. C’est ce qu’il aime transcrire en prolongement.

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